Entrée Madagascar – une culture en péril?
Partie du discours nom propre (titre de livre ou pièce)
Auteur Urfer Sylvain
Éditions 2012. No Comment Éditions. Largeur: 10,5cm. Hauteur: 18cm. Pages: 146.
Copyright No comment éditions, 2012
Extraits 
page 52
Central dans la vision sociale du Malgache, le consensus ne va pourtant pas sans problèmes. Dans sa signification littérale, marimaritra iraisana signifie : « le tiède sur lequel on se met d’accord, le juste milieu, le consensus », autrement dit : le plus petit dénominateur commun. Il s’agit d’être bien ensemble, mais sans se fâcher, ce qui exclut tout langage affronté et toute pensée déviante.
page 60
Certains anthropologues soutiennent que la société malgache d’autrefois fut peut-être, du moins en partie, matrilinéaire. Il en reste peu de traces, la désignation de la femme par fanaka malemy (meuble et ustensile fragiles) étant l’exact répondant de « sexe faible ». Et si la loi a théoriquement corrigé la coutume, en pratique les femmes ne reçoivent souvent que le tiers des biens de leur époux défunt.
page 66
Mais la mémoire collective, à la fois vive et occultée, reste encombrée de non-dits. Car la liste serait longue des griefs accumulés de part et d’autre, que symbolisent le massacre d’Ifandana en pays betsileo ou les reliques royales des Sakalaves à Mahajanga.
page 67
la réconciliation entre les ethnies Antefasy et les Zafizoro, qui s’étaient affrontées avec violence en 1990, fut menée avec succès par l’ancien évêque de Farafangana Charles-Rémy Rakotonirina
page 70
L’esclavage à Madagascar fut aboli en 1896, la reine Ranavalona II ayant, dès 1877, affranchi les Masombika (Mozambicains), esclaves importés de la côte orientale d’Afrique.
page 78
Le plus spectaculaire des rites religieux est le famadihana (si mal appelé "retournement des morts"), fascination pour les touristes européens dont la société exclut, à défaut de la mort elle-même, tout contact avec le mort. Le bon sens continuant à prévaloir à Madagascar, la mort y fait partie de la vie et se célèbre comme elle le mérite. Lorsque donc vient le temps d’exhumer les défunts (dont les corps enveloppés de linceuls sont déposés sur une banquette de pierre), le tombeau familial est ouvert. Les restes nettoyés et enveloppés de linceuls neufs sont promenés avec chants et danses dans les lieux qui leur étaient familiers. Puis le repas de vary be menaka, auquel est invitée la communauté villageoise, célèbre ceux qui ont accédé au rang d’ancêtres, tandis qu’une troupe de mpihira gasy anime la fête qui réconcilie tous les membres de la famille.
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Mis à jour le 2020/07/31